Aristarque

lune3

 

 

 

Et ce soir la lune lentement se lève,

Fébrile et timide dans le ciel clair et noir,

Comme une jeune fille qui blottie dans ses rêves,

N’ose parfois s’aventurer le premier soir.

 

De sa robe sélène glisse un voile transparent,

Qui dévoile les courbes de sa silhouette pâle,

Puis d’un mouvement doux, sensuel et lent,

Le retient d’une main sur sa blanche opale.

 

Et le ciel ébloui devant tant de beauté,

Supplie le poète, Prince des voluptés,

D’affranchir son cœur à cette brûlante fièvre.

 

Sensible à la plainte de ce vieillard lubrique,

Généreuse, elle esquisse un sourire angélique

Et lui pose en silence un doigt sur les lèvres.



Mohamed LAAIFAT